“Acadie”, de Dave Hutchinson

Acadie, novella de Dave Hutchinson, commence pour Duke le lendemain de son anniversaire. Il se réveille avec la gueule de bois et une alerte: une sonde vient d’entrer dans le champ de détection de la Colonie, l’habitat spatial rebelle dont il a été élu président parce qu’il était celui qui semblait le moins vouloir le poste.

Créé par une généticienne géniale, mais hors-la-loi, la Colonie est une expérience sociale un peu folle, une utopie où les modifications génétiques les plus dingues sont autorisées, voire encouragées. Et que se passe-t-il quand on laisse des geeks faire joujou avec de l’ADN? On se retrouve avec une population d’elfes, de loups-garous et de klingons.

Seulement voilà: il semble que le Berceau a retrouvé les rebelles, il est temps pour l’habitat de changer de cachette, laissant Duke et un équipage d’une poignée de cinglés “nettoyer” le système avant de les rejoindre. Sauf que les choses ne vont pas se passer comme prévu.

Acadie est un texte court, une novella d’une centaine de page parue dans la collection Une Heure-Lumière du Bélial. Difficile d’en parler plus loin sans en déflorer l’intrigue. J’avoue qu’elle m’a un peu frustrée.

La novella montre un univers riche, potentiellement amusant – imaginer un monde où les geeks peuvent réellement devenir qui ils veulent – avec des protagonistes hauts en couleur et une situation pas mal tendue.

Il y a du potentiel, mais tout est plié en cent pages à peine, avec une chute qui vient un peu de nulle part. C’est un des rares cas où j’ai regretté qu’un ouvrage soit trop court. D’autant que les thèmes – utopie, transhumanisme, bioéthique – sont intéressant et la chute est frustrante. Pas en elle-même, mais en ce qu’elle vient conclure trop vite l’histoire.

Je ne regrette pas la lecture d’Acadie, qui est très agréable – je l’ai reçu dans sa version française – mais j’en aurais aimé un peu plus.

D’autres avis chez L’Épaule d’Orion, Juste un mot, Les lectures du Maki, Au Pays des Cave Troll et Quoi de neuf sur ma pile, entre autres.

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5 réflexions au sujet de ““Acadie”, de Dave Hutchinson”

  1. C’est vraiment une utopie, parce que les manipulations génétiques ne sont pas aussi sympas dans la réalité. Si les méchants humains veulent traiter préventivement le problème au napalm, c’est sans doute parce qu’ils ont déjà découvert à la dure ce qui se passe quand des recombinaisons imprévues se produisent

    Par exemple, les modifications génétiques menées sur Lulu et Nana (les 2 petites filles chinoises qui sont les premières humaines génétiquement modifiées) auront peut-être des conséquences sur leur développement cognitif, le gène modifié dont elles sont porteuses (et qui est censé les protéger contre le VIH) est aussi associé au développement de la mémoire

    Avec la “super-science du futur” on peut sans doute éviter ou compenser ce genre d’effet secondaire, mais tout cela pour permettre à des geeks de se “Spockifier”? Puisque le but semble être de modifier l’expression phénotypique (les loup-garous ne sont pas vraiment taillés pour tuer mais juste des furries excessifs, n’est-ce pas?), pourquoi ne pas se contenter de chirurgie esthétique et de collagène?
    Le seul intérêt de la modification génétique c’est la transmissibilité, mais puisqu’on est dans une culture où chacun est libre de devenir ce qu’il veut, pourquoi vouloir imposer à ses enfants de naître forcément klingon?

    De fait, les auteurs de SF ont tendance à prendre “toute science suffisamment avancée est indistinguable de la magie” au pied de la lettre et de traiter le transhumanisme comme de la fantasy. Alors que bon, dans l’espace il est moins pratique et intéressant d’être un elfe que d’avoir des mains à la place des pieds et éventuellement une queue préhensible, voire un peu de fourrure. Si on part d’une base “primate néoténique”, ça ne doit pas être très difficile

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      • En train. C’est la première fois que j’achète un bouquin en pixels plutôt qu’en bois mort (j’ai découvert en décembre que désormais, la plus proche librairie est à 24 km. L’Effondrement a déjà commencé chez moi)

        Ca m’emballe modérément. Le bouquin est bien écrit, l’histoire se tient et il y a effectivement un univers, mais je ne vais pas rentrer dedans (c’est pas l’auteur, c’est moi). L’univers est vraiment le cul entre 3 chaises, ni vraiment space-fantasy, ni vraiment hard-science, ni vraiment “problématique transhumaniste” en fait

        Par contre la taille du bouquin me semble approprié, les pages défilent sans lourdeurs mais la fin n’arrivera pas trop vite pour moi. Je me souviens d’un roman de Greg Bear (la musique du sang) qui était un développement d’une excellente nouvelle traitant justement de bidouillage génétique (lequel n’a pas foiré mais a au contraire trop bien marché) qui était poussif. A la lecture de l nouvelle on avait vraiment envie de lire la suite et de voir certains détails expliqués, mais c’était une mauvaise idée: le roman tombait à plat (ou plutôt, partait dans n’importe quelle direction)

        Enfin bref: je ne critique pas le roman ni l’auteur, mais plutôt une manière de traiter le sujet. Et j’ai un peu l’impression qu’un éditeur ou un agent littéraire s’est penché sur le manuscrit et à dit “tu devrais donner une couleur fantasy à l’ensemble, les gens aiment bien la fantasy”

        En tout cas, c’est bizarre de se dire qu’il est plus facile de téléporter une bibliothèque entière depuis l’autre bout du monde via internet que de trouver un vrai bouquin papier (vous entendez ça monsieur Bradbury?). Encore 5 ans et nos vies seront à ranger au rayon SF dystopique

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        • J’ai plus de chance que toi de ce point de vue: même si j’habite “à la campagne”, le centre-ville de Genève n’est qu’à dix kilomètres.

          Pour en revenir au bouquin – ou plutôt, à la novella – sans déflorer, c’est une histoire “à chute” et j’ai lu beaucoup de gens qui disent que la chute définit le texte. Perso, je l’ai trouvée dommage; quelque part, je me dis que Cory Doctorow, malgré tous les défauts de ses romans, aurait pu faire quelque chose de bien plus intéressant avec le matériau de base.

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