Pour ce nouvel article du Cabinet des Curiosités, je vais vous parler d’un album méconnu de 1972 qui… comment ça « de 2022 »? Bon, ok, pas de Cabinet des Curiosités pour Born, de Birth, donc. J’aurais pourtant juré…
Si je vous parle de Birth, trio (depuis devenu quatuor) originaire de San Diego, Californie, c’est parce qu’il s’agit de la réincarnation d’un ancien projet que j’avais beaucoup apprécié, Astra – particulièrement l’album The Black Chord de 2012. Dix ans plus tard, ils sont revenus avec un nouveau nom et une plongée encore plus profonde dans le prog-psyché des seventies. Peut-être même trop profonde…
Born est le premier – et, à l’heure actuelle, encore le seul – album du groupe. Il dure un peu plus de quarante minutes – quarante deux minutes même, et je me demande si c’est vraiment un hasard – avec six titres entre cinq et neuf minutes.
Au cas où mon intro ne vous avait pas mis la puce à l’oreille, disons-le tout net: Birth est un groupe qui voue une véritable vénération, voire un culte aux sonorités des seventies. Jusque dans la production, ce qui est parfois un problème.
Quelque part, Born est une forme de paroxysme du rétro-prog: un album contemporain qui cherche à tout prix à ressembler à une galette sortie au tout début des années septante. C’est tout juste si les bruits de craquement de vinyle n’ont pas été rajoutés en post-prod (là, je pense que je leur en aurais voulu).
D’un côté, ça m’agace, parce qu’autant je peux pardonner un mix un peu approximatif sur un album de l’époque, autant je ne suis pas certain de voir l’intérêt de reproduire ce genre d’effets en 2026 (ou, dans le cas présent, en 2022). Et puis la voix avec une tonne de réverb et comme enregistrée à cinq mètres du micro, c’est un peu pénible, aussi.
De l’autre, je ne peux pas m’empêcher d’être emporté par la maestria des compositions. Le rétro-prog de Birth n’est pas immédiatement lié à un des Grands Anciens, mais il apparaît plus comme une sorte de syncrétisme. J’y retrouve quelques sonorités que je lierais avec certaines des productions confidentielles sur lesquelles j’ai pu tomber à l’époque (je ne sais pas pourquoi, mais je pense par exemple au groupe espagnol Galadriel et son album Muttered Promises from an Ageless Pond).
C’est l’ami JC qui m’a rappelé l’existence de cet album, que j’avais vu passer à l’époque sans m’y intéresser plus que ça. Et je lui en suis plutôt reconnaissant: Born a clairement les limites de son style faux-vieux, mais si on parvient à en faire abstraction, Birth y propose de très belles choses pour les amateurs de prog à l’ancienne.
Il est disponible sur Bandcamp.
Bonus: la vidéo de « Long Way Down »


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