Ça faisait longtemps que je n’avais pas dit du mal de l’intelligence artificielle générative (IAGen pour les intimes). Bon, dans le cas présent, je ne vais pas en dire du mal tout de suite: je vais d’abord laisser Matthieu, du site C’est pas du JDR, s’en charger à ma place.

La version TL;PL de l’article, c’est que les sites qui proposent des jeux de rôles indépendants sont saturés par des créations – enfin, des « créations » – qui utilisent massivement l’IAGen. Et c’est un problème.

OK, l’utilisation de l’IAGen est de base un problème; je l’ai déjà dit et répété ici et ailleurs, je ne vais pas revenir dessus. Enfin, pas trop.

Le souci que pointe Matthieu, c’est qu’un site comme itch.io a été longtemps un des rares sur lesquels on pouvait trouver du contenu autrement invisibilisé.

Le problème n’est pas vraiment nouveau; on le retrouve dans la littérature, dans la musique et dans d’autres médias. Les outils de génération à base d’IA permettent de littéralement chier du texte au kilomètre (je vous laisse deviner pourquoi c’est « littéralement ») et de balancer, avec un minimum d’efforts ce contenu sur des sites.

C’est pourquoi j’en reviens à l’analogie mentionnée dans le titre: l’IA générative, c’est l’amiante du XXIe siècle: un élément potentiellement utile, mais aux effets secondaires turbonéfastes, que l’on retrouve de plus en plus un peu partout et qui va nous empoisonner la vie pour les décennies à venir.

(Je vous rassure tout de suite, cette analogie n’est pas de moi, mais de Cory Doctorow.)

Mais du coup, on peut faire quoi? À part expliquer aux utilisateurs d’IAGen que ce n’est pas une bonne idée, s’entend – poliment, à moins que l’inverse soit plus rigolo. Une piste serait de pousser les plateformes de diffusion pour avoir, soit une interdiction des contenus IA, soit au minimum une indication et la possibilité de filtrer pour ne pas les voir.

On peut aussi espérer que la bulle spéculative finisse par péter plutôt vite que tard. Après, il y a le reste non négligeable que l’économie mondiale pète avec.

On vit vraiment dans la pire lignée temporelle.

Photo: plaque ondulée en amiante-ciment, Leo Reynolds via Flickr, sous licence CC-BY-NC-SA.

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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