Comme le temps passe vite! Prenez par exemple plein un groupe comme Karnivool, dont j’avais chroniqué les deuxième et troisième albums en 2011 et 2013. Eh bien leur quatrième opus vient de sortir après treize ans de hiatus. Il s’appelle In Verses et il est plutôt chouette.

Formé du côté de Perth, Australie en 1998, Karnivool a commencé sa carrière du coté du nu-metal, avant de s’orienter très vite vers le metal progressif, avec une très forte influence à chercher du côté de Tool. mais aujourd’hui, leur style est nettement plus affiné et accessible.

In Verses est donc le quatrième album du groupe. Il dure un peu plus d’une heure et compte dix pistes entre cinq et huit minutes.

Treize ans, c’est long. Au point que si je me rappelais du nom de Karnivool, j’avais quelque peu oublié sa musique. J’ai donc fait quelque chose que je devrais faire plus souvent dans ce genre de cas: écouter quelques morceaux d’avant – en l’occurrence, d’Asymmetry. Ça m’a confirmé une impression: le groupe s’est nettement assagi.

J’entends par là que In Verses a abandonné beaucoup des dissonances, décrochages et autres acrobaties plus ou moins agressives, pour aller vers un metal progressif plus proche de groupes comme Katatonia – ou, tiens, Wolverine, qui est également revenu récemment après une longue absence.

Entendons-nous bien: c’est encore un album très agréable à écouter, avec des musiciens qui vont de « bon » à « exceptionnel », un sens aigu de la mélodie combiné à des riffs qui accrochent. Le tout est quand même plus nerveux et musclé que les deux précités. Il affiche notamment une batterie très présente et très technique et, par moments, des sonorités djent qui me rappellent le TesseracT des années 2010 (Altered State ou Sonder).

In Verses est donc un plutôt bon album. J’ai par contre un peu de mal à comprendre l’enthousiasme de certains chroniqueurs qui le situent dans la pure continuité de ses prédécesseurs. Karnivool livre ici un album moins foufou, mais aussi plus lisse. C’est un bon album, mais je pense qu’il manque d’originalité.

Bonus: la vidéo de « Aozora »

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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