Visiblement, il va falloir définir un nouveau style musical pour qualifier les groupes qui font du hard-rock ambiance seventies et à l’esthétique occulto-horrifique. Je propose donc de qualifier Wretched Heart, de Spell, de « ghostcore ».

Spell est un quatuor canadien, originaire de Vancouver, qui se définit comme du « metal hypnotique anticapitaliste et antifasciste ». J’approuve. Fondé en 2013, le groupe propose une musique à mi-chemin entre hard-rock et heavy-metal des origines.

Wretched Heart est le cinquième album du groupe, qui a également participé à deux splits. Il dure un peu plus de quarante minutes et compte dix titres qui tournent entre quatre et cinq minutes, à l’exception d’un intermède d’une minute.

Entendons-nous bien: je sais que la bande à Tobias Forge n’a pas toujours bonne presse auprès des metaleux, mais, d’une part, moi j’aime bien et, d’autre part, si Spell y ressemble beaucoup (on pourrait aussi citer Wytch Hazel ou Hällas), le groupe a sa personnalité propre.

Enfin, « propre », je me comprends. C’est plutôt le contraire, en fait: la musique est plus viscérale, un peu plus sale, plus authentique. Des claviers moins présents, une basse nettement plus en avant et des guitares plus agressives.

Le cœur de Wretched Heart (haha), c’est quand même une musique très mélodique, un peu vintage dans les sonorités, mais très moderne dans la production. Les compositions sont impressionnantes et souvent imparables, surtout sur la première moitié de l’album, avec « Lilac », « Take my Life » et « Unquiet Graves ». Le reste est très bien aussi, mais je dirais que la surprise ne joue plus et les sonorités peuvent parfois être un peu répétitives.

J’avais découvert Spell sur une récente vidéo de la chaîne Le Metal c’est Vital et le reste de l’album confirme l’excellente impression que m’avait laissée l’extrait. Je recommande donc Wretched Heart chaudement – et pas seulement à cause de la chaleur de cette fin mai. L’album est disponible sur Bandcamp.

Bonus: la vidéo de « Take My Life »

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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