Toi, lecteur qui n’a pas suivi l’actualité psychédélique (ou le présent blog), sache que sous le nom Monkeys on Mars se cache un piège! Non pas un, ni même deux groupes, mais bien trois: Mars Red Sky, Monkey3 et Monkeys on Mars, formé des deux réunis. Un peu comme Voltron, mais avec plus de disto.

Et donc, cette chimère nous avait donné rendez-vous aux Docks de Lausanne, par une douce soirée du 17 avril. Un rendez-vous à ne pas manquer pour ma part. Sauf pour un léger détail: pas de passe photo. Bon, ça va donc être une soirée « photos toupourrites au téléphone », mais pas grave.

Les Docks, c’est la salle mythique de Lausanne, descendant de la légendaire Dolce Vita. Toute en largeur et dotée d’une mezzanine, elle peut accueillir environ mille spectateurs debout.

Je profite d’arriver un peu en avance pour voire une bière et grignoter un truc au Barberousse, dans le quartier voisin du Flon. J’y suis rejoint par l’ami Florent et nous marchons de conserve vers la salle. Ouverture des portes à 20:30, le public entre lentement, mais ça se remplit vite. Je choisis une position stratégique à côté de la région son.

Mars Red Sky au concert de Monkeys on Mars, le 17 avril 2026 aux Docks de Lausanne. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Un peu avant 21 h, les lumières s’éteignent et une petite musique d’intro annonce l’arrivée de Mars Red Sky. Le trio français se lance dans un set qui me surprend par un son puissant. Il faut dire que, si j’avais déjà vu le groupe, c’était dans des circonstances particulières: en plein air, au château de La Sarraz. En intérieur et dans une salle prévue pour, ça balance les watts!

C’est donc à une impressionnante démonstration de rock psychédélique que le groupe nous convie pendant quarante-cinq minutes, devant un écran circulaire qui diffuse des vieux films documentaires en noir-blanc. Après, Mars Red Sky, ce n’est pas pour tout le monde: le chant de Julien Pras est très particulier. Moi j’aime bien, mais c’est spécial. Pas aussi spécial que son « merci Genève! » qui, fort heureusement, déclenche plus de rires que de huées dans la salle.

Et c’est dans les dernières minutes de leur prestation que se dévoile la particularité de ce concert: les quatre membres de Monkey3 arrivent et commencent à jouer sur leur dernier morceau. Puis les Français quittent la scène et Monkey3, à leur tour, entament une performance de trois quarts d’heure.

Monkey3 au concert de Monkeys on Mars, le 17 avril 2026 aux Docks de Lausanne. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Bon, si vous êtes comme moi et que vous avez raté Pink Floyd en concert à l’époque (un des plus grands regrets que j’emporterai dans la tombe), Monkey3 est un bon groupe de substitution. Parfois un peu trop bon, avec des morceaux-hommage qui frisent le plagiat, mais quand on aime, on ne compte pas. Et j’aime beaucoup Monkey3, que je suis depuis leurs premiers albums. Leur musique, instrumentale, surfe sur le post-rock, le space-rock, le prog et le psychédélique, entre autres.

Surtout, j’avais été un peu vexé de ne pas avoir pu voir l’intégralité de leur concert, il y a un peu moins de deux ans, lors du Heavy Psych Sound Fest. Cette fois-ci, c’est la totale et c’est très bien! Le groupe, qui joue « à domicile », nous fait une démonstration d’intensité, avec un enthousiasme communicatif.

Et à la fin, rebelote: Mars Red Sky revient pour les dernières minutes du dernier titre. Mais cette fois, tout le monde reste sur scène pour le final: les deux titres de Monkeys on Mars.

Concert de Monkeys on Mars, le 17 avril 2026 aux Docks de Lausanne. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Deux titres, certes, mais deux longues pistes, principalement instrumentales, où se mélangent les ambiances planantes et les guitares saturées, appuyées par deux batteries, deux basses et deux guitares, plus les claviers.

Sous les acclamations de la foule, compacte et enthousiaste, les musiciens quittent la scène et c’est fini. Vraiment? Alors c’est quoi cette locomotive à l’écran? Eh bien l’annonce d’un rappel, où les deux groupes concluent la soirée par « Once Upon a Time in the West ». La conclusion reviendra à Boris, le guitariste de Monkey3, qui reprendra un « Merci Genève ». Le monsieur est un peu taquin.

L’idée de base, d’avoir un concert avec les deux formations et le projet commun, était déjà excellente, mais Monkey3 et Mars Red Sky l’ont poussée encore un cran plus loin en proposant non pas trois concerts, mais une performance unique de près de deux heures. Il n’y a quasiment pas de temps, pas de changement de scène, tout s’enchaînent de façon très organique (mon correcteur orthographique m’a proposé « orgasmique » et j’ai été un temps tenté de le laisser).

Cette tournée Monkeys on Mars est donc une réelle expérience, du genre de celles que le département marketing aime à écrire avec une majuscule. La musique des deux groupes prend une dimension supplémentaire en live et leur light-show, plutôt classique, est très efficace. Bref, je vous recommande fortement d’aller les voir s’ils passent pas trop loin de chez vous.

Vous pouvez retrouver cette chronique en vidéo, sur YouTube et sur Peertube, et aussi voir une petite galerie de photos (pas exceptionnelles, car prises au téléphone) sur Flickr.

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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