Le rock progressif à l’ancienne, aussi appelé rétro-prog, est un style musical pour lequel j’ai des sentiments ambivalents. Et This Dark Earth, le nouvel album de Moon Letters, illustre cette ambivalence à la perfection.
Moon Letters est une formation américaine, active depuis une dizaine d’année et originaire de Seattle. Et donc, comme indiqué en introduction, le groupe propose un rock progressif « à l’ancienne », avec beaucoup de sonorités très typées, mais une production moderne.
This Dark Earth, troisième album du groupe, a le bon gout d’être plutôt court: moins de trois quart d’heure. Il compte six pistes: quatre de taille plutôt standard, entre quatre et six minutes, une de deux minutes et un epic final de plus de dix-sept minutes.
Ambivalence, donc. Avec Moon Letters, mon problème n’est pas seulement dans le style musical, mais aussi dans les compositions.
Pour ce qui est du style, c’est le plus simple à expliquer: j’ai parfois du mal avec le côté volontairement rétro du rétro-prog et, dans le même temps, je peux être bluffé par la virtuosité déployée. Et c’est aussi le cas avec This Dark Earth, qui rappelle beaucoup Yes.
Quant aux compositions, il y a des passages qui ont un côté nawak qui confine parfois à l’apparence de maladresse. Notamment de la discordance pas toujours super bien maîtrisée (genre « Islands of Magic Mirrors »).
Et puis, au milieu de tout cette soupe à la grimace, il y a des moments de pure brillance qui font que tout est soudainement pardonné. Notamment l’epic final, « Dawn of the Winterbird », qui est franchement chouette.
En écoutant Moon Letters, je me suis pris à penser à Deyss et à l’album Visions in the Dark. J’ai retrouvé dans certains titres de This Dark Earth (notamment l’epic susmentionné) la même énergie, la même envie de faire du prog et tant pis pour les maladresses! Bon, avec une production plus solide, quand même.
This Dark Earth est un de ces albums qui, plus tôt dans l’année, a été encensé par beaucoup de monde dans la progosphère. Si je suis personnellement pas aussi enthousiaste, je pense néanmoins que Moon Letters a quelque chose de plutôt cool à proposer. Il faut cependant avoir une tolérance pour le rétro-prog – et les expérimentations pas toujours très maîtrisées.
L’album est disponible sur Bandcamp.
Bonus: la lyric-video de « Silver Dream »


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