« Toute entrée est définitive », de Vincent Mondiot

Kitej, ville-colonie sur une planète hostile, est devenue un repaire de criminels. Comme le dit le titre de ce roman de Vincent Mondiot, Toute entrée est définitive et la promesse d’un retour sur Terre n’attire que les naïfs et les désespérés. Ce qui fait quand même beaucoup de monde.

Guillermo Ortiz est un modérateur, c’est-à-dire quelqu’un entre un policier et un détective privé. Ce n’est pas le meilleur de Kitej. À vrai dire, c’est sans doute le plus mauvais – ne serait-ce que parce qu’il pense être le meilleur.

C’est donc avec beaucoup d’entrain qu’il accepte de retrouver un adolescent fugueur. S’il traînait autrefois avec un gang, qui a été éradiqué par un modérateur, c’est plus du côté des promesses d’un vaisseau en partance pour la Terre qu’il faudrait chercher. Enfin, s’il ne se fait pas descendre avant.

Avec un tel point de départ, j’attendais beaucoup de Toute entrée est définitive. Trop, peut-être.

Le contexte est sympa: l’idée d’une colonie conçue au départ pour exiler le trop-plein d’une Terre surpeuplée, phagocytée par des criminels qui profitent des lois d’amnistie pour les colons, est bien trouvée.

L’intrigue est aussi intéressante, avec cette promesse impossible d’un retour vers la planète-mère. Enfin, j’aime bien le principe d’un protagoniste largement incompétent et qui se fait balader du début à la fin par son « assistante » – une ado qu’il a recueilli à la mort de son père.

Le souci, c’est que l’ensemble me paraît beaucoup trop caricatural. La colonie a un côté « SF des années huitante », ce qui en soi n’est pas un mal, mais ici je trouve que ça rend très cheap. J’ai un peu l’impression d’un décor en carton-pâte et de prothèses en latex réalisées à l’arrache.

Le fait qu’Ortiz, le personnage principal. n’a à peu près aucune qualité rédemptrice n’aide pas. Certes, il y a son « assistante », mais c’est une ado pas toujours très futée. Et, du coup, j’ai l’impression que la conclusion de cette histoire passe par un deus ex machina.

Paru dans la collection des Saisons de l’Étrange, Toute entrée est définitive est un roman distrayant, mais ce n’est clairement pas le meilleur de cette saison.

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3 réflexions au sujet de “« Toute entrée est définitive », de Vincent Mondiot”

    • Y’a clairement du bon et du moins bon, et aussi clairement une volonté de faire du “quai de gare” décomplexé. Ça se lit vite, parfois ça s’oublie tout aussi vite, mais il y a des fulgurances qui restent.

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