« Stiletto », de Daniel O’Malley

Que se passe-t-il quand deux organisations rivales décident de fusionner? En général, c’est un peu le zbeul. Dans Stiletto, de Daniel O’Malley, le problème est multiplié par le fait que ces organisations sont secrètes et paranormales (de façon différente).

Bref: c’est beaucoup le zbeul.

Comme vous l’aurez sans doute deviné, Stiletto se déroule immédiatement après le précédent ouvrage de Daniel O’Malley, l’excellent The Rook.

Et les deux organisations qui sont en train de définir les modalités de cette fusion sont The Checquy, d’une part, et la Wetenschappelijk Broederschap van Natuurkundigen (« Confrérie scientifique pour les sciences naturelles »), surnommés « Grafters » (les greffeurs).

Deux organisations qui, pendant plus de trois siècles, ont été des ennemis mortels. Organisations à qui on inculquait, dès l’enfance, la peur et la haine de l’autre. Organisation qui, par nature, sont l’exact opposé l’une de l’autre.

Beaucoup le zbeul, donc. Parce que non seulement tout ce petit monde se regarde avec méfiance – au mieux – mais en plus, certaines factions semblent être parties pour tout faire pour qu’en lieu et place de la fusion souhaitée par les dirigeants des deux organisations, la situation revienne à la bonne vieille guerre ouverte de nos ancêtres.

Stiletto va donc suivre deux jeunes femmes. Du côté des Belges, Odette Lielefeld, descendante d’un des fondateurs de la Confrérie et chirurgienne de renom; du côté des Britanniques, Felicity Clements, « Pion » du Checquy et garde du corps de la précédente.

Vous noterez que Myfanwy Thomas, héroïne du précédent, n’est pas du nombre. En fait, elle est présente, mais comme personnage secondaire. On n’y perd cependant pas au change, c’est juste que, par rapport au précédent, l’action est plus au ras du sol que dans les jeux de pouvoir.

Un des éléments les plus intéressants de cette suite, c’est de donner le point de vue des Greffeurs. En effet, ils ont de très bonnes raisons de voir les membres du Checquy comme des abominations de la nature. Le retournement de perspective est très bien vu.

On retrouve également le côté « agence gouvernementale britannique bizarre », à mi-chemin entre The Laundry (pour le côté administration et paranormal) et Harry Potter (pour le côté turbo-British, y compris un épisode au meeting royal d’Ascot).

Globalement, j’ai beaucoup apprécié Stiletto. On y retrouve l’univers du premier bouquin, augmenté du regard extérieur des Belges. En plus, il y a ce côté urban fantasy de personnages avec des pouvoirs surhumains, parfois très absurdes, mais toujours très humains.

Qui plus est, l’écriture de Daniel O’Malley est extrêmement plaisante. J’ai notamment beaucoup apprécié son humour geek, à base d’absurde britannique et d’hyperbole – pas toujours hyperboliques, au vu des circonstances. Des phrases telles que « it was a blue that had given up » (pour parler de la couleur d’une robe) m’ont fait hurler de rire.

Après, je pourrais argumenter qu’il est un peu long (580 pages). Il y a pas mal de digressions (le bal à l’Apex ou la mission en Écosse) qui, si elles sont le plus souvent justifiées, auraient pu être plus courtes. Mais honnêtement, ce n’est pas très gênant, tant l’univers est plaisant.

Je vous recommande donc chaudement cet ouvrage, au moins autant que le précédent – en attendant un troisième tome, sur lequel l’auteur travaille. Si vous cherchez un univers d’urban-fantasy orienté action, mais sans la surabondance de tentacules et d’angles indicibles (et moins pessimiste) que Charles Stross, n’hésitez pas.

Il a d’ailleurs été traduit en français sous le titre Agent Double.

D’autres avis chez Dark side of the blog, Les murmures de Kernach, Blog-o-livre ou Le Suricate.

Pour soutenir Blog à part / Erdorin:

Blog à part est un blog sans publicité. Son contenu est distribué sous licence Creative Commons (CC-BY).

Si vous souhaitez me soutenir, vous pouvez me faire des micro-dons sur Flattr, sur Ko-Fi, sur Liberapay ou sur uTip. Je suis également présent sur Patreon pour des soutiens sur la longue durée.

6 réflexions au sujet de “« Stiletto », de Daniel O’Malley”

  1. Lu et approuvé !
    J’avais un peu peur de cette suite tant j’avais aimé The Rook, mais comme tu dis, ça apporte ce qu’il faut de nouveautés pour rendre le truc captivant.

    Répondre
  2. Oh, c’est rassurant ça. Je me rends compte que j’avais un à priori négatif sur cette suite, mais sans savoir pourquoi. Bon, il va falloir que je lise ça alors, merci pour le retour de conseil. ^^

    Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :