Le monde de Shin Zero, dont le deuxième tome vient de paraître, c’est un Japon qui a connu les invasions de kaijus, vaincus par les sentai, ces derniers sont devenus au fil des décennies le symbole d’une jeunesse précarisée. Jusqu’au moment où la menace revient sous une forme inattendue.
Shin Zero, c’est à la fois un hommage au sentai, des histoires d’équipes de héros au costumes colorés qui combattent des monstres, et aussi une modernisation du thème. Précarisation par ubérisation, crises environnementales, ce monde ressemble beaucoup au nôtre.
Et si l’action de ce deuxième tome se déroule quatre ans après le premier, les choses ont beaucoup changé pour les cinq colocataires: l’un est devenu un héros, un autre cherche à le devenir et les autres oscillent entre doutes et désillusions. Une grande parties des histoires de ce tome 2 tournent d’ailleurs autour du quotidien de ces « héros à louer » et de leurs fêlures plus ou moins sordides.



On retrouve ici Mathieu Bablet au scénario et Guillaume Singelin au dessin. Si ce dernier continue à jouer avec un trait noir et blanc très inspiré par les mangas – avec des pointes de couleurs pour les sentai – on trouve également un clin d’œil appuyé, non pas aux séries originales, mais à leur adaptation française: même si l’histoire se passe au Japon, quasiment tous les personnages principaux ont des noms français.
Dans ce deuxième tome, Shin Zero prend un tournant nettement plus sombre, d’abord par la détérioration des relations entre les protagonistes, puis par la menace environnementale qui s’annonce et qui ne pourra pas être arrêtée seulement par de valeureux jeunes gens en costumes – ou par des méchas.
Souvent, le deuxième tome d’une trilogie a un côté « ventre mou », mais pas ici. On est plus dans une descente aux abysses, qui laisse présumer d’un final apocalyptique. Mais jusqu’à présent, c’est du solide!


Laisser un commentaire