Rites de brassage

J’ai failli titrer ce billet « Mise en bière », mais je me suis dit que je n’allais pas donner de fausse joie à mes haters. Or donc, il y a un an, nous avions offert un kit de brassage à une amie qui est aussi amatrice de bière que moi. Du coup, elle m’a réquisitionnée pour la mise en application du bidule.

Oui, c’était il y a un an et demie. Je ne vous ferai pas l’affront de vous expliquer pourquoi on a attendu si longtemps.

Bref, le kit en question est le genre de bazar qu’on trouve dans des magasins semi-spécialisés. Il contient un seau de 25 litres, avec son robinet et son barboteur, un encapsuleur et son lot de capsules, une grosse boîte de mélasse qui contient le malt et le houblon et un sachet de levure.

Alors non, ce n’est pas du « vrai » brassage. C’est un peu la version IKEA pour les branlos dans mon genre. Dans l’absolu, c’est du « just add water », sauf que les choses sont un peu plus compliquées que ça. Comme d’hab, quoi.

Le processus, en gros, c’est:

  1. On mélange la mélasse et l’eau et on rajoute la levure
  2. On attend deux semaines et, si on peut, on transvase dans un autre récipient
  3. On attend encore deux semaines et on met en bouteilles
  4. On attend encore deux mois et on peut boire.

En fait, la difficulté principale de ce genre de kit, c’est la gestion de la logistique. Déjà, il faut vingt-cinq litres d’eau. De préférence pas trop polluée. Du coup, pour assurer le coup, on a décidé de faire bouillir tout ça. Sauf que faire bouillir vingt-cinq litres d’eau, c’est pas évident; je ne sais pas pour vous, mais des casseroles de cette contenance, nous on n’en a pas.

Ensuite, il faut la faire refroidir, parce que sinon, ça flingue la levure. Ça prend du temps, même en hiver.

Ensuite, le mélange ainsi obtenu doit être gardé dans un endroit avec une température entre 19° et 23°. Ce qui n’est pas si évident que ça quand on a une grande maison avec un chauffage caractériel. Sans compter qu’un seau de cette taille, ça prend une place certaine.

Enfin, il y a le léger détail qu’il faut des bouteilles pour la mise en bouteille. Surprise. Genre, septante-cinq bouteilles de 33 cl. Et, de préférence, des bouteilles qui supportent le rencapsulage. J’en ai pété une, comme ça; j’ai été surpris.

Enfin, il faut finir d’entreposer tout le bazar pendant deux mois, le temps que ça s’affine. Ça, paradoxalement, ce fut la partie la plus simple: on a une cave. Mais une soixantaine de bouteilles (en comptant les grosses de un litre à bouchon mécanique de la brasserie d’à-côté) prend tout de même une certaine place.

Vient l’épreuve du goûtage. OK, disons que c’est buvable. On avait deux boîtes de mélasse: une pour de la pilsner de base, une autre pour de la « bière d’abbaye ». On a commencé par la première, histoire de dire que, si on se ratait, on en avait une autre qui était potentiellement intéressante.

Disons que, pour une blonde, elle a plus une apparence et un goût d’ambrée. Le goût de malt est très présent; peut-être trop. Je me demande, rétrospectivement, si on ne s’est pas un peu bourrés sur les proportions. Mais bon, pour un premier essai, le résultat est plutôt satisfaisant.

Faudra essayer avec la deuxième boîte – cet hiver. D’abord, parce qu’il va bien falloir écluser ces vingt et quelques litres (on a un peu commencé), ensuite parce que, comme le dit le dicton, « en hiver, brasse qui veut; en été, brasse qui peut. »

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6 réflexions au sujet de “Rites de brassage”

  1. Donc pour la bière Erdorin en produit dérivé, ce n’est pas pour tout de suite.
    Comme toujours, c’est un métier … cf le pain

    Répondre
  2. En fait, on a été maniaques avec les proportions.
    Et chacune des mesures qu’on a prises collaient exactement avec ce qu’on devait obtenir (c’est très satisfaisant).
    Perso, je préfère le goût malté au goût houblonné… mais je reconnais que si on a eu un résultat “honnête”, c’est pas la meilleure bière que j’ai jamais bue, mais bon, une Pils reste une Pils est c’est de loin pas la pire que j’ai bue non plus.

    Avis aux gens pour la suivante, si vous avez des bouteilles en verre brun ou opaque à fermeture mécanique qui traînent, on est preneurs… la bière “tourne” si on la met dans des bouteilles en verre blanc, bizarrement.

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