Ce nombre troisième (ou troisième tome) de la Noire essence commence de façon assez surprenante: par un gros retour en arrière. Il nous permettra de mieux comprendre qui est Maître Aka, le principal protagoniste de Pas vraiment un homme, le nouveau roman de Jeanne Perrin dans cet univers quelque peu secoué.
En effet, l’ouvrage commence par un grand bon en arrière, plusieurs années – voire décennies – avant les péripéties autour de la fameuse liste, qui forment le cœur des deux premiers titres. Et on y retrouve donc Maître Aka, plus connu sous le nom de La Garçonne, mais aussi Anzay Kanimberashki, Jan Antonson et bien d’autres identités.
L’individu est un caméléon, qui change d’identité comme chemise. C’est aussi un auteur à la plume féroce, qui se lie d’amitié avec Siqi Masdia, une nimraokhen qui a décidé de lancer une imprimerie et même une maison d’édition. Mais le succès de cette maison va avoir des effets délétères sur leur amitié et, à la parution de la liste, Maître Aka décide de la tuer. D’autant que son nom apparaît deux fois sur la liste.
Après, dans le monde de la Noire essence, la mort n’est souvent qu’un regrettable contretemps.
Je disais donc que Pas vraiment un homme commence de façon surprenante, mais la suite l’est aussi. Jeanne Perrin concentre son intrigue sur le seul personnage de Maître Aka et adopte ici un ton plus sérieux, parfois plus noir (sans jeu de mot). Il y a du sexe, il y a du sang.
Cela dit, il y a aussi les délires habituels de la Noire essence. À commencer par un aspect meta qui est poussé très très loin: on y apprend que tous les romans et recueils de nouvelles de la Noire essence, parus chez PVH, ont été écrits par Maître Aka. Et parus chez PVH, car tel est le nom de la maison d’édition. Et comme je commence à connaître les oiseaux derrière l’univers, j’ai ricané sur un autre acronyme (et je soupçonne que j’en ai raté plein).
Et ce troisième tome va également revisiter un certain nombre des péripéties des épisodes précédents, du point de vue de ce nouveau protagoniste. Le point d’orgue étant la scène finale de Nuit nimraokhen. Le seul défaut de Pas vraiment un homme, c’est peut-être que j’en attendais une conclusion. Ne me demandez pas pourquoi, j’ai juste assumé à tort. Au contraire, l’intrigue rebondit. Il faudra attendre, mais ce n’est pas grave.


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