“Les livres maudits”, de Jacques Bergier

J’aurais dû me méfier. J’ai cherché un peu partout, puis fini par trouver au détour d’un étal du marché aux puces, Les livres maudits, livre de Jacques Bergier que Ghislain m’avait vanté dans la foulée du Matin des magiciens.

En fait, j’avais un peu tiqué en notant qu’il avait été publié dans la collection “Aventures mystérieuse” de J’ai Lu, fameuse pour ses couvertures bordeaux et son contenu hautement pipologique, à base d’extra-terrestres, d’anciens astronautes et d’occultisme. J’en ai lu pas mal quand j’étais jeune.

Maintenant que je le suis moins, j’ai plus de difficultés à rentrer dans ce genre de trip et le style très particulier de Jacques Bergier n’aide pas. Les livres maudits prétend donc traiter d’ouvrages contenant des Secrets Que L’Humanité Ne Doit Pas Connaître, interdits au fil du temps par une cabale occulte. Admettons.

Le problème avec de telles affirmations, c’est que ce serait mieux avec des preuves, là où Bergier ne nous propose que sa parole et son avis d’expert. En pipologie, donc. On a donc, une poignée de maigres références – surtout à des ouvrages parus dans la même collection – et des affirmations péremptoires de l’auteur. Au final, j’ai eu souvent plus l’impression de lire un Bob Morane qu’un ouvrage à prétention scientifique; le mélange de style est assez hallucinant.

Tout n’est cependant pas à jeter: l’ouvrage se lit vite et regorge d’idées et d’anecdotes sur un certain nombre d’ouvrages et de personnages qui feraient la joie des amateurs d’occultisme et d’histoire secrète. On y croise John Dee, Aleister Crowley – et même L. Ron Hubbard, pour une plongée fascinante dans la scientologie, vue des années 1970. Sans surprise également, on y parle d’alchimie, l’autre dada de l’auteur.

Je dois donc avouer une certaine déception à la lecture de cet ouvrage. Certes, la propension à mélanger réel et imaginaire est typique de la “réalité fantastique” de Jacques Bergier, mais j’ai trouvé ici cette technique moins convaincante, plus brouillonne que dans Le matin des magiciens.

Si on s’intéresse à ce côté “histoire secrète” et à l’occultisme, c’est néanmoins un livre à garder sous le coude, même s’il est hélas très difficile à trouver (et, partant, plutôt cher: je l’ai payé presque le prix du neuf).

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12 réflexions au sujet de ““Les livres maudits”, de Jacques Bergier”

  1. Quand je serai vieux, je me lancerai dans ce genre de choses. Genre les expériences du DARPA dans les années 2000, les blogs qui rendaient fous et qui ont été supprimés par PIPA, une enquête sérieuse très controversée sur les lasers télépathiques qui ont permis à Obama de gagner 2 fois les présidentielles, les pactes de sang de Berlusconi, les sacrifices de Goldman-Sasch aux Démons Invisibles du Marché, etc.

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  2. C’est marrant, moi je le trouve justement moins pipeau que le Matin des Magiciens, ayant pu recouper pas mal d’info avec des sources différentes (comme par exemple un Time Magazine spéciale Scientologie qui parle d’Excalibur) ou le passage sur la découverte de l’ADN. Mais c’est vrai que le style n’aide pas.

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    • Le truc, c’est que le “Matin des magiciens” pose dès le départ que c’est du semi-pipeau en expliquant le concept de réalité fantastique.

      C’est un contexte qui manque ici et qui fait que je demandais constamment si c’était du lard, du cochon, de la carpe, du lapin ou du tofu.

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      • Justement, je pense qu’il a essayé de faire un état des lieux des vrais livres maudits avec un vrai travail d’enquète. Parce qu’il aurait pu pipeauter facilement sur le Necronomicon qui est du pain béni pour les amateurs de mystère.

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        • Oui, mais sans abandonner ses tics agaçants d’affirmer sans rien prouver. On ne sait jamais s’il fait de la science, de la fiction ou de la science-fiction.

          C’est un état des lieux, mais toujours vu selon son prisme “réalité fantastique”.

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  3. tu veux avoir des preuves de quelquechose d’impossible a prouver, c’est une question de conviction.

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    • Ce n’est pas tout-à-fait ça: j’attends qu’on me dise clairement si c’est du domaine de la foi ou de celui de la science. Et, de préférence, qu’on s’y tienne par la suite.

      C’est le flou artistique et l’ambigüité qui m’agacent.

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