Quand je dis que j’aime bien le black-metal, c’est très relatif. J’aime bien le black-atmo, les variantes cosmiques et, plus généralement, la frange la plus mélodique du genre. Du coup, c’est rarement sans une certaine appréhension que je me lance sur des albums comme Le Fléau du Rocher, de Darkenhöld, recommandés par Kad, de la chaîne Mes Vieilleries, qui est nettement plus crédible que moi dans le rôle de trve black-metaleux.

Darkenhöld est une formation française, originaire de la région niçoise, et active depuis 2008. Elle se compose comme un trio, augmenté de deux comparses sur scène (dont Aleevok, de Belore). Leur black-metal est plutôt mélodique et épique, avec une ambiance médiévalisante et peut-être aussi des inspirations dungeonsynth.

Le Fléau du Rocher est le sixième album du groupe, sorti l’année passée. Il dure un peu plus de trois quarts d’heure et compte onze pistes: neuf compositions entre trois et six minutes et deux instrumentaux plus courts.

Je ne sais pas trop si c’est moi qui n’est pas vraiment l’habitude du black-metal, mais je sors de l’écoute avec une impression bizarre.

Déjà, la musique de Darkenhöld m’apparaît mélanger plusieurs ambiances: du black-metal vénère – j’oserais presque dire « classique » – des passages atmosphériques planants, des éléments folk à grands renforts d’instruments traditionnels et aussi quelques passages très « musique de jeu vidéo » – d’où le dungeonsynth. Et ce, souvent au sein d’un même morceau.

S’ajoutent à cela un chant en français, certes en voix saturée (le plus souvent), mais plutôt compréhensible, et des thèmes très médiéval-fantastique, qui oscillent entre l’épique à grand spectacle et les clichés qui piquent un peu. Mais là, c’est peut-être moi et le peu d’amour que je porte au mes-fan qui se manifeste.

Donc, bizarre. Mais je ne déteste pas. À aucun moment je ne me prends à grincer des dents et, au contraire, il y a beaucoup de passages qui sont franchement enthousiasmants (je pense notamment à « Troubadour » et au morceau-titre, mais ce sont loin d’être les seuls). Et Darkenhöld maîtrise clairement son sujet.

Le principal défaut de Le Fléau du Rocher, je le perçois comme étant un peu trop hétéroclite, avec ce mélange de diverses sonorités, et je me demande si les « trve » ne vont pas être rebutés par les parties les plus mélodiques, là où les touristes dans mon genre risquent de le trouver un chouïa trop brutal. Mais je me trompe peut-être et, dans tous les cas, il n’y a qu’un moyen de le savoir: consacrer une écoute à cet opus de Darkenhöld, qui est disponible sur Bandcamp.

Bonus: la non-vidéo de « Le Cortège royal »

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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