C’est l’histoire d’un film qui n’aurait jamais dû voir le jour. Coyote vs ACME avait été filmé et monté en 2023, puis mis au placard par Warner Bros pour de sordides raisons financières. Après une grosse bronca des fans et un repreneur de dernier minute, le film est finalement sorti en août de cette année. Et c’est une très bonne chose!
À la base, on retrouve un personnage emblématique des Looney Tunes: Wile E. Coyote, génie et néanmoins coyote, obsédé par le Roadrunner, un oiseau qui court à une vitesse supersonique. Je ne vous fais pas un dessin (animé), je doute que vous n’ayez jamais vu un seul épisode mettant en scène ces deux zozos.
Mais le cœur de l’histoire est que le coyote va régulièrement essayer des gadgets de marque ACME, qui vont tout aussi régulièrement lui péter à la gueule. En désespoir de cause, il va s’adresser à un avocat, Kevin Avery spécialisé dans les procès avec ACME, devenue une corporation géante. Mais est-ce réellement son seul but?
Coyote vs ACME part d’un principe rigolo – le coyote attaque en justice la corporation qu’il juge responsable de ses déboires à cause de ses produits défectueux – et en fait un film peut-être plus profond qu’il n’en a l’air. Anecdote amusante: ce principe de départ est basé sur un article publié dans le New York Times.
Bon, clairement, l’idée de base est de faire une sorte de successeur spirituel à Who Framed Roger Rabbit?, mais le film va un poil plus loin et, sans vouloir divulgâcher, on peut aussi y voir une allusion aux expériences médicales sur les populations afro-américaines tout au long du XXe siècle. Ou c’est peut-être juste un hasard, allez savoir.
Toujours est-il que le film est à la fois un pastiche des « films de tribunal » et un hommage à la culture des Looney Tunes. Dans cette deuxième catégorie, on peut placer le nom de l’étude d’avocats, Avery (comme Tex), Jones (comme Chuck) et Maltese (comme Michael, co-créateur du personnage du coyote et du roadrunner, avec Chuck Jones). Le nom de Buddy Crane, le conseiller juridique d’ACME (joué par John Cena), est aussi un clin d’œil à un des tous premiers personnages des Looney Tunes. Et bien évidemment, je ne parle pas de tous les toons qui font une apparition dans l’histoire.
Mais du coup, est-ce qu’il est drôle? Oui. C’est un hommage très réussi aux Looney Tunes, avec ce qu’il faut de critique sociale derrière. Est-ce qu’il est parfait? Probablement pas, il accuse parfois quelques baisses de rythme – mais comment peut-il en être autrement? Je veux dire, je ne pense pas qu’on puisse humainement survivre à un Bip-Bip et le Coyote de deux heures.
Mais oui, Coyote vs ACME est clairement une réussite et il est heureux que le film ait pu sortir de son purgatoire fiscal pour être montré au plus grand nombre. Après, j’ai cru comprendre que la diffusion en France n’était pas assurée, ce qui est dommage (ce qui peut se traduire en Breton par « tipiak »).
Bonus: la bande-annonce


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