En ce premier week-end d’automne, l’heure n’est pas aux champignons, même si on reste dans le terroir: c’est le CrabCore Fest, le festival metal en bas de chez moi (à cinq bornes près, mais on ne va pas chipoter) et dédié principalement aux groupes de la région.

Si la soirée de vendredi était consacrée au punk et au hardcore, la programmation du samedi propose quatre groupes de metal beaucoup plus dans mes cordes. Il est donc temps de remettre des chaussures fermées – pas à cause de la météo, encore clémente, mais plus pour éviter de la compote d’orteils en cas de pogo un peu rugueux – et reprendre la direction de la Villa Tacchini, à Lancy. Je connais le chemin: je passe devant presque tous les jours.

L’association qui gère le festival sait accueillir. Déjà, l’entrée est à prix libre. Ensuite, en tant que photographe, j’ai droit à quelques avantages (boissons gratuites et accès à la salle de repos). Traitement VIP, quoi.

Arrivé à l’ouverture des portes, j’ai un peu de temps pour faire le tour des quelques stands de merch. Je croise des têtes connues: le bassiste de De l’Abîme Naît l’Aube, des artisans que j’avais déjà vus à Arcana il y a deux semaines, quelques photographes, plus les amis Léo et Christophe, toujours de la partie dans ce genre de soirée.

Edge of Infinity (death-metal mélodique, Suisse) en concert au Crabcore Fest, Villa Tacchini, Lancy (Genève), 25-26 septembre 2026. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Mais des sons prometteurs commencent à s’élever de la salle, il est temps de prendre position devant la scène et accueillir le premier groupe de la soirée, Edge of Infinity. Il s’agit d’une jeune formation romande qui propose du death-metal mélodique.

Je vous avais parlé du bassiste de De l’Abîme Naît l’Aube – groupe qui avait d’ailleurs joué ici l’année passée – il se trouve que le projet est aussi celui de Fantine, la chanteuse, et on retrouve ce soir le batteur et le guitariste. Mais c’est une configuration dictée par les circonstances, le guitariste étant malade et le batteur indisponible.

Nouveau groupe, donc, mais un projet ancien, me confiera la chanteuse après le show. La musique est un death mélodique qui frise le prog dans ses côtés techniques et qui parfois me rappelle Aephanemer, avec une alternance de voix claire et saturée.

Je ressors de leur prestation avec un avis plutôt favorable, mais sur ce genre de musique, il m’est difficile de me faire une idée sur la seule foi d’un concert. Il me faudra poncer ce projet avec plus d’attention.

Korrupted (deathcore, Suisse) en concert au Crabcore Fest, Villa Tacchini, Lancy (Genève), 25-26 septembre 2026. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Après une petite pause, c’est au tour de Korrupted. Le groupe, venu de Fribourg, n’est clairement pas là pour faire tapisserie: il est plutôt deathcore que décor, dans un style ultra-énervé, qui à mon avis aurait aussi eu sa place dans le créneau de la veille.

Assez clairement, on est ici dans un style que je qualifierais de pas-ma-came-metal. Mais il faut leur laisser ça: c’est très efficace et ça fait bouger un peu toute la salle. Le groupe est énervé, la musique aussi et le public réagit à l’avenant: pogo, circle pit et wall of death, tout y passe!

Entre le fait que ça me parle plus visuellement que musicalement – j’aime beaucoup leur logo – et que je ne suis pas super rassuré pour mon matos par la proximité d’une nuée de berserkers en rase-motte, je me retire prudemment vers la moitié du concert.

Murmur (post-black-metal, Espagne) en concert au Crabcore Fest, Villa Tacchini, Lancy (Genève), 25-26 septembre 2026. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Je reviens pour Murmur, tête d’affiche de la soirée. Il s’agit d’un groupe espagnol, venu de la région de Madrid et qui vient nous balancer un post-black-metal avec une chanteuse en voix saturée.

Le concert se déroule dans une ambiance de cérémonie ésotérique: vasque remplie d’eau et de pétales, chanteuse couverte d’une mantille rouge, gestuelle liturgique. Le tout renforce une musique, puissante et lancinante. Je regrette peut-être un manque de contraste dans les vocaux, avec peu de chant clair, mais c’est très efficace.

Brévine (post-metal, Suisse) en concert au Crabcore Fest, Villa Tacchini, Lancy (Genève), 25-26 septembre 2026. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Et la soirée se termine par Brévine, un groupe dont j’avais beaucoup entendu parler est que j’avais très envie de voir.
Petite déception: le trio n’est pas originaire de la Brévine, mais de Lausanne. Oui, je sais que c’est très suisse comme déception.

Leur musique est un post-metal un peu minimaliste – trio oblige, je suppose – avec son lot de montées en puissance et d’apothéoses explosives. Ça donne des compositions à très forte intensité, avec un chant tour à tour clair et saturé, le tout emmenée par un batteur extrêmement énergique et technique, qui semble être l’âme du groupe.

Et c’est ainsi que se conclut cette excellente soirée, sous le signe du cancer, certes (rapport aux crabes), mais surtout sous le signe du metal. Je ne connaissais aucun des trois groupes et je suis agréablement surpris – en tout cas par trois sur les quatre. Même si Korrupted n’a clairement pas démérité et a mis le feu au public de la Villa Tacchini, c’est moins mon truc. Je repars donc avec une brassée de CD et de t-shirts. Comme si je n’en avais pas assez…

Félicitations à l’équipe du CrabCore Fest pour son organisation impeccable, sa direction artistique (et ses jeux de mots moisis), ainsi que son accueil cinq étoiles! On se reverra sans doute l’année prochaine pour les dix ans du festival!

Les photos sont en ligne sur Flickr.

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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