Parfois, sans qu’on se l’explique trop, il y a des groupes qui opèrent des virages stylistiques désarçonnants. C’est par exemple le cas d’Impure Wilhelmina qui, sur leur dernière album Le Sanglot, se mettent au chant en français. Ça n’a pas l’air majeur, comme ça, mais pourtant, ça change des trucs.
Impure Wilhelmina est un groupe genevois qui termine sa troisième décennie d’existence, excusez du peu! Longtemps classé post-metal et boom, sur cet album je trouve qu’ils se tournent plus vers des styles alternatifs et gothiques.
Le Sanglot est le huitième album du groupe. Il compte dix pistes et dure cinquante minutes; la longueur des compositions ne s’éloigne jamais beaucoup de la moyenne, entre quatre et six minutes et demie.
On ne va pas se mentir, j’ai parfois un gros problème avec le chant en français. Je blâme la myriade de chanteurs que j’ai subis à la radio pendant mes jeunes années (je parle surtout des années septante). Et, à la première écoute, je me suis pris à comparer Impure Wilhelmina à… Indochine. Autant dire que, chez moi, ce n’est pas la comparaison la plus flatteuse.
Vous allez me dire que j’exagère et vous avez sans doute raison. Déjà, on a l’impression d’écouter ici des vraies compositions. Et des paroles un peu travaillées, aussi. Mais il y a quand même des points de convergence, par exemple dans le ton de la voix et le phrasé. Et j’ai aussi l’impression que la musique est moins agressive qu’auparavant.
Et puis les titres ont tendance à être sur des rythmes lents ou mid-tempo, ce qui donne à ce Sanglot une ambiance mélancolique. Avec un titre pareil, je suppose que c’est un peu voulu et dans la thématique, mais j’aurais préféré quelques accélérations.
Je médis beaucoup, certes, mais en fait, je ne déteste pas cet album. Certes, il part dans une direction qui ne me plaît pas vraiment, mais il garde une bonne partie de l’ADN sombre du groupe, y compris un soin apporté aux compositions, qui réservent des moments de beauté pure. Et au-delà de leur déclamation, les textes sont souvent assez impressionnants de poésie surréelle et noire (non sans quelques touches de body horror très gothiques).
Le Sanglot est donc un album que je qualifierais de « pas mon truc, mais plutôt bon ». Impure Wilhelmina s’aventure hors de sa zone de confort – volontairement ou non – ce qui est une plutôt bonne chose (surtout pour un groupe avec une aussi longue histoire). Mais je préfère prévenir les fans de longue date: ce n’est probablement pas ce à quoi vous vous attendiez. Alors allez l’écouter sur Bandcamp.
Bonus: la vidéo de « Blanche réalité »


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