Bon, depuis le temps que je vous parle de De l’Abîme Naît l’Aube, il serait peut-être bien que je finisse par chroniquer Rituel : Initiation, leur premier album qui est sorti il y a… un mois et demi. Oui, il serait temps…
De l’Abîme Naît l’Aube est une formation valaisanne, fondée très récemment. Je les avais découverts en concert, d’abord à Meyrin, puis au CrabCore Fest. Et si je les ai souvent qualifiés de black-atmo, ils se définissent comme post-metal chamanique, ce qui est objectivement plus proche. Leur musique joue beaucoup sur les contrastes, entre les passages atmosphériques et saturés, ainsi qu’entre des voix, masculines et féminines, claires et saturées.
Rituel : Initiation est donc le premier album du groupe, sorti mi-février., Il compte quatre longues pistes entre onze et treize minutes, plus un instrumental de quatre minutes. Au total, il dure un peu plus de cinquante deux minutes.
J’avais précédemment mentionné la tendance, chez certains groupes, d’avoir un côté Jekyll/Hyde: une personnalité complexe et subtile en album et une autre beaucoup plus marquée par l’énergie brute en concert. Ce n’est pas vraiment le case de De l’Abîme Naît l’Aube.
Pour être plus précis, je dirais que j’ai retrouvé en très grande partie sur Rituel : Initiation les éléments qui m’avaient marqués lors des deux concerts: une musique alternant passages atmosphériques, parties incantatoires limite liturgiques et intensité post-metal bien rugueuse. Pouvoir écouter les compositions de façon plus posée m’a permis d’en apprécier les éléments les plus complexes, mais je n’ai pas eu l’impression d’écouter des version très différentes. En d’autres termes, si vous avez déjà vu un concert de De l’Abîme naît l’Aube, vous savez à quoi vous attendre.
Et si je reviens sur ma classification initiale de leur musique en black-atmo, il y a quand même des points de contact. Bon, soyons clair: en matière de musique, il y a des points de contacts de tout avec tout, et réciproquement, mais je dirais qu’objectivement, les frontières entre atmoblack et post-metal (et prog, mais c’est une autre histoire) sont floues, voire poreuse. De ce point de vue, De l’Abîme Naît l’Aube parlera probablement autant aux amateurs des uns et des autres.
Si ce premier album montre une maîtrise assez impressionnante du groupe, tant dans les compositions, leur exécution et, plus largement sur la vision artistique de leur projet, j’ai un peu peur que cette identité visuelle forte, très théâtrale sur scène (encens, libations, tenues en lin blanc et maquillage doré), ne les desserve sur le long terme.
On n’en n’est pas encore là. Et sur la foi de ce premier album, Rituel : Initiation, je peux affirmer que De l’Abîme Naît l’Aube a de quoi laisser une forte marque sur la scène metal suisse et européenne – ou, à tout le moins, francophone. Je ne peux donc que vous encourager à les découvrir, sur cet album – disponible sur Bandcamp – mais aussi en concert, s’ils passent pas loin de chez vous.
Bonus: la vidéo de « Un Sanctuaire de Cendres » (treize minutes, rien que!)
PS: vous aurez noté que je n’ai pas fait de blague sur la tribu. Je me suis retenu très fort.


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