Ah, l’Égypte! Ses pyramides, sa civilisation millénaire, son électricité. Wait, what? Si vous n’êtes pas au courant (ha ha), Jean-Loïc Le Quellec va vous expliquer tout ça dans Nos ancêtres les Pharaons. Spoiler: c’est UN PEU exagéré.
Tout part d’une sortie plus enthousiaste qu’informée d’un rappeur français, affirmant que les pyramides d’Égypte généraient de l’électricité. En gros. Sur cette base, Jean-Loïc Le Quellec, qui est anthropologue au CNRS, remonte toute la longue (et douloureuse) histoire de la perception de l’Égypte antique au cours de ces derniers siècles.
Nos ancêtres les Pharaons traite donc de ce que l’auteur appelle poliment « l’archéologie romantique ». En gros, la tendance qu’ont certains auteurs de calquer leurs idées très… disons, créatives, sur des preuves archéologiques choisies avec soin, voire imaginaires. Ce qui ne date donc pas d’hier, mais jusqu’à Champollion, au moins les auteurs avaient-ils l’excuse de marcher sur des terres peu défrichées.
Sauf que dès le milieu du XIXe siècle, une lecture beaucoup plus politique commence à voir le jour: un panafricanisme qui répond à la vision euro-centrée de l’Histoire et qui tente de remettre l’Afrique au centre de la civilisation. Et c’est cette vision, surtout mise en avant par des auteurs afro-américains à l’époque de la fin de l’esclavage, qui est directement à l’origine de la sortie sus-mentionnée.
C’est via Tristan Lhomme, sur le blog de Hugin & Munin, que j’ai découvert Nos ancêtres les Pharaons et je sors de sa lecture avec une impression globalement positive, mais néanmoins mitigée. D’un côté, c’est toujours intéressant de voir comment certaines personnes, par enthousiasme ou par calcul, construisent des mythes sur la base de méthodologies douteuses (voire inexistantes) et/ou de mauvaise foi. Tout le chapitre sur l’origine de la légende des pyramides génératrices d’électricité est, en soi, assez fascinant.
D’un autre côté, j’ai eu l’impression que l’auteur avait quand même bien envie de régler ses comptes avec des auteurs pseudoscientifiques qui, dans certains cas, trimbalent derrière une idéologie raciste. Ce qui est compréhensible et même louable, mais j’ai eu plusieurs fois l’impression que la charge était un peu trop passionnée pour être exempte d’exagération. Je me fais peut-être des idées, notez, mais j’ai eu l’impression que certains passages auraient gagné à être décrit de façon plus dépassionnée.
Cela dit, en quelques deux cents pages (plus une palanquée de notes de fin d »ouvrage, que je n’ai pas lues parce que je n’aime pas ce format de références), Nos ancêtres les Pharaons remet, sinon l’église au milieu de village, du moins les pyramides au milieu de l’Égypte – et de l’Histoire, la vraie.


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