Cette chronique de la bande dessinée Altermonde ne parle pas de prog, même si l’année est 2112. En ces temps de dérèglements climatiques, les plus privilégiés vivent dans des villes-forteresses, comme Lyon. Jusqu’à ce que des mégafeux ne réduisent leur refuge en cendres et qu’une poignée de survivants se retrouvent à devoir vivre parmi ceux qu’ils empêchaient autrefois de rentrer.

C’est ainsi que Nathan et Léa partent à travers des paysages ravagés par les sécheresses à répétition, pour finir dans une Marseille à peine viable, ravagée par la montée des eaux et gouverné par des milices locales. Pour y subir eux-mêmes l’ostracisme et la xénophobie des habitants.

Altermonde, c’est le post-apo du XXIe siècle. Pas de guerre nucléaire, mais la réalité bien sale d’une planète en surchauffe de moins en moins habitable par l’humanité. D’autant qu’on apprend que les volcans islandais ont également fait des siennes et que non seulement le sud est invivable, mais le nord de l’Europe ne vaut guère mieux.

Et pour Nathan, Léa et leurs compagnons de voyage, aucun secours à attendre de ce qui reste de gouvernement organisé. Ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes – et sur la bienveillance de certaines personnes rencontrées. Et, quelque part, c’est pour moi un point positif: ce n’est pas du post-apo « chacun pour soi et absence de Dieu pour tous ». L’histoire met en avant la solidarité qui peut exister entre survivants.

Le scénario d’Altermonde, adapté d’un roman de Nicolas Debandt (intitulé Nos Altermondes), est signé Harry Bozino, qui avait déjà signé l’adaptation de Sol 13. C’est l’illustrateur italien Paolo Antiga qui est au pinceaux, dans un style réaliste plutôt classique, mais dynamique.

Et au final, ça donne une bande dessinée de post-apo très correcte. Altermonde est définie comme « engagée », mais techniquement, toutes les œuvres de science-fiction le sont, encore plus en post-apo. Je suis personnellement un peu mitigé, mais c’est le genre qui veut ça: il me rappelle un peu trop ce que j’ai à perdre quand (pas si) notre civilisation prendra fin.

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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