Vous allez rire, mais L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, de Romain Puértolas raconte les aventures rocambolesques d’un fakir qui se retrouve coincé dans une armoire Ikea. Sauf qu’en fait, c’est peut-être le truc le plus drôle de ce roman.
Au départ, nous avons donc un fakir. Enfin, plus fake que fakir: Ajatashatru Lavash Patel est surtout un arnaqueur qui se fait passer pour un fakir, avec l’aide de son cousin. Il part pour Paris pour y acheter un lit à clous Ikea (à l’époque, il n’y a pas d’Ikea en Inde) et se retrouve coincé dans une armoire, envoyé en Grande-Bretagne par camion, camion dans lequel se trouve un groupe de clandestins africains et, de quiproquo en coïncidence, il va se retrouver aux quatre coins de l’Europe (et même en Libye) dans une quête pour le Grand Amour et la Rédemption.
Bon, en soi, l’idée de départ est amusante, c’est gentiment absurde (le lit à clous Ikea…) et ça pose quelques idées bien senties sur la solidarité humaine et l’envers du décor du « paradis » européen. En plus, l’arc de rédemption d’Ajatashatru est plutôt sympathique: par amour, il cherche à quitter son rôle de faux fakir pour devenir auteur.
Par contre, j’ai trouvé qu’il y avait dans ce roman beaucoup trop d’éléments d’humour cringe, limite raciste. Toutes les « blagues » sur la prononciation des noms indiens, ainsi que la caractérisation des personnages gitans, franchement ça fait « Promotion Michel Leeb 1983 ». Et c’est assez surprenant compte tenu de ses thématiques plutôt humanistes.
L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea est donc un roman qui m’a agacé, ce qui est rare chez moi. Il n’est pas mauvais, mais clairement pas aussi « hilarant » qu’annoncé et je lui trouve des côtés extrêmement discutables. Mon épouse me l’avait acheté à cause de son titre et, finalement, cet titre est peut-être le principal truc drôle à en retenir.


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