Nous sommes en 1970 quand commence The Martian Contingency, de Mary Robinette Kowal. La deuxième expédition martienne vient d’arriver à la base Bradbury. À son bord, Elma York, plus connue par son surnom de Lady Astronaut, qui va rapidement flairer qu’il y a quelque chose de bizarre.
En effet, si tout paraît en ordre de marche sur la base martienne, il y a quelques détails qui clochent et qui attirent son attention. Surtout, elle a l’impression très désagréable qu’on lui cache des trucs. Et ça, Elma, elle n’aime pas.
Et, pour ne rien arranger, les astronautes vont devoir gérer pas mal de complications: de l’équipement qui foire, des suspicions de sabotage, l’environnement martien qui pardonne à peine plus que celui de la Lune, des soucis médicaux (une grossesse imprévue et une grosse brûlure par tarte au chocolat – non, ce n’est pas une blague) et un changement imprévu de leadership qui va avoir des conséquences directes sur la mission.
Pour ceux qui n’avaient pas suivi, The Martian Contingency est le quatrième tome de la série Lady Astronaut. Dans un style que certains qualifient de « NASApunk », c’est une uchronie dont le point de divergence n’est autre qu’une météorite qui détruit une grosse partie de la Côte Est américaine et, par voie de conséquence, provoque un réchauffement climatique accéléré. L’humanité vise donc l’espace pour tenter de se créer des « planètes B ».
Et, hormis les aspects « aventures scientifiques », Mary Robinette Kowal explore aussi les tensions politiques autour du programme spatial. En effet, de nombreuses voix remettent en cause les budgets démesurés, potentiellement plus utile dans la mitigation des changements climatiques. Certains sont d’ailleurs beaucoup moins subtils dans leur désagrément.
Le troisième aspect de cette série, et non des moindres, c’est tout le volet social. Il y a peu, dans une chronique, je laissais entendre que les années septante n’avaient pas grand-chose à envier à notre époque en matière de feu de poubelle radioactif. Disons qu’en matière de racisme et de sexisme, il y avait encore du boulot. Notamment, Elma s’aperçoit que les termes mêmes utilisés par le programme spatial – « conquête » ou « colonisation » – passent très mal auprès de certains membres de l’équipe venus d’Algérie, du Kenya, d’Inde ou même des peuples natifs américains.
The Martian Contingency est une suite bienvenue à la série. Je dirais cependant qu’elle est peut-être moins trépidante que The Fated Sky, par exemple. Le mélange entre les aspects technoscientifiques, politiques et sociaux est un peu moins homogène et rend certains passages un peu hachés. Mais c’est assez mineur; ceux qui auront lu les précédents retrouveront Elma avec bonheur et, pour les autres, n’hésitez pas à vous lancer dans cette série.


05/03/2026 at 09:05
Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!
Ahem. Cinq secondes six dixièmes entre lecture des premières lignes du blog et achat du bouquin, j’avais vraiment bien aimé les précédents, merci pour le heads up
22/03/2026 at 12:46
Je l’avais repéré lorsque j’avais chroniqué toute la série, en 2025…
N’étant pas anglophone, j’attends la traduction (qui sera je l’espère disponible pour mon prochain « challenge marsien », en 2027…).
(s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola
23/03/2026 at 08:06
Toute la saga est vraiment très bien; il me manque le recueil de nouvelles, je vais tâcher de le trouver en VO.