La couverture de Crossings, d’Alex Landragin, est trompeuse. Elle dit « a novel », donc un roman. Mais il y en a définitivement plus d’un.
D’une part, parce que Crossings est censé être une compilation de trois textes différents, une nouvelle inédite de Charles Baudelaire, un texte de Walter Benjamin lors de l’été 1940, puis le carnet d’une voyageuse pas comme les autres, entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XXe. Et, d’autre part, parce qu’il y a plus d’une façon d’appréhender ce corpus littéraire.
Ah oui, et il y a encore une autre histoire dans l’histoire, puisque le manuscrit est à l’origine récupéré par le narrateur, un relieur parisien de notre époque, qui en hérite après la mort mystérieuse de son ancien propriétaire.
Crossings commence donc par ce narrateur, qui nous explique l’histoire du manuscrit, mais qui nous explique aussi que s’il y a un sens de lecture évident, il y a également une lecture alternative, signalé par une série de chiffre qui correspondent à un enchaînement de pages.
Et c’est quoi l’histoire? En gros, celle de deux amants, originaire d’une île du Pacifique qui a maîtrisé l’art d’échanger les âmes entre corps. Mais ils se retrouvent séparés, l’une se rappelant de tout et recherchant son amant, qui lui oublie à chaque passage qui il a été.
Crossings est donc tout à la fois un roman historique, où l’on croise plusieurs personnages ayant existé et qui décrit minutieusement les époques qu’il traverse, une histoire fantastique où les protagonistes passent d’un corps à l’autre et affrontent un adversaire très dangereux, ainsi qu’un jeu littéraire.
Le tout est particulier, mais j’avoue que j’ai plutôt bien apprécié l’idée. La narration est très prenante, les descriptions des lieux immersives. Je suis par contre peu convaincu par le jeu sur les diverses paginations de l’histoire. Je n’ai pas l’impression de lire une complète autre histoire, juste un ordre différent.
Mais Crossings reste un ouvrage très agréable, avec une réelle originalité dans le propos et une érudition palpable. Tout comme Nicolas Winter, du blog Just a word, je ne peux que vous le recommander.
Il a été publié en français sous le titre Le Livre des passages.


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