Marianne est une escort. Pas vraiment par choix, mais il faut bien manger. Les gros ennuis commencent quand son dernier client meurt et qu’elle commence à avoir des rêves prémonitoires basés sur des films. C’est le point de départ de Cinémancie, court roman de Christophe Barraud.

Point copinage: Christophe est un collègue du Gahelig (sauf que lui écrit vraiment) et j’ai récupéré cet ouvrage, fraîchement paru, lors du dernier Salon du Livre de Genève. Ça ne m’empêchera pas d’être impitoyable et de déclarer en toute objectivité: c’est bien.

Cinémancie est avant tout un thriller: Marianne se retrouve avec des ennemis puissants, qui lui en veulent très fort, et des alliés par toujours super fiables. Pour ne rien arranger, elle est plus ou moins à la rue et doit également gérer son frère, embarqué dans une relation turbotoxique.

Mais c’est également une histoire aux accents fantastiques, avec notamment cette histoire de prémonitions cinématographiques – pas toujours très claires, comme toutes les prémonitions – et qui de plus se traduisent pour Marianne par des épisodes de transes plus ou moins longues, s’apparentant à une crise d’épilepsie. Pas pratique quand on a des tueurs aux fesses.

L’histoire a aussi un accent vaudois. L’action se déroule principalement à Lausanne, mais elle donne également l’occasion de visiter des terres mythiques, comme Peney-le-Jorat, ou des créatures exotiques, comme le chat Cocolet.

(Au passage, je soupçonne de plus en plus qu’une grande partie des survivances d’accents régionaux est due à des gens qui le forcent, pour faire deuxième degré.)

Je ne suis pas forcément client des thrillers, même fantastiques, mais Cinémancie a le bon goût de se lire vite et bien. L’action va vite, mais reste lisible (sans jeu de mot) et les personnages sont crédibles et intéressants. Je ne regrette donc pas avoir cédé aux sirènes de l’auteur lui-même.

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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