Dans le monde de Morceterre où l’art et la magie sont inextricablement liés, plusieurs destins vont se croiser : un artiste, un dictateur, une fille et son monstre, deux mercenaires et une mystérieuse jeune femme à la peau bleue. Et ces destins vont se retrouver dans des ruines isolées, Le Bastion des Dégradés.

Le Bastion des Dégradés est un roman de fantasy. Je n’ai pas mentionné l’auteur dans le titre de ce billet, parce qu’il y en a cinq: Sara Schneider, Pascal Lovis, Julien Hirt, Stéphane Paccaud et Aquilegia Nox. Oui, cinq. Plus John Howe pour la couverture. Rien que ça!

Quelque part, cette particularité aurait pu éveiller des soupçons: comment écrire un roman à dix mains (enfin cinq; je me comprends) sans que ça soit une cacophonie? Aussi curieux que cela puisse paraître, je n’ai pas vraiment constaté de grosses différences stylistiques; j’imagine que, comme il y a cinq protagonistes, chaque auteur a « le sien », mais d’un point de vue stylistique, Le Bastion des Dégradés m’est apparu plutôt homogène.

Petit aparté: pour ceux que ça intéresse, Julien Hirt détaille le processus sur son blog, dans un article très complet (oui, ça veut dire « long »).

L’idée centrale de l’univers, c’est que les arts graphiques peuvent, avec un minimum de maîtrise, donner une existence réelle aux objets qu’ils représentent. Ainsi, un artiste peut créer en peinture un bâtiment aux formes improbables, qui se matérialisera dans le monde réel. Bien entendu, l’Artescence – le nom donné à cette forme de magie – a ses règles et demande de la maîtrise pour ne pas faire n’importe quoi – le genre de n’importe quoi qui tombe sur la caboche des passants.

Mais cet art a également ses limites et, plus on s’en approche, plus il est compliqué et dangereux. Et il soulève des craintes qui vont être instrumentalisées et mener vers une guerre contre les artistes et, plus généralement, contre l’Artescence elle-même.

Sous ses dehors de gros pavé de plus de cinq cents pages, Le Bastion des Dégradés se lit plutôt vite. Même pour moi, qui ne suis pas le plus grand fan de fantasy. J’ai vraiment apprécié ce roman choral et cet univers – et je ne le dis pas seulement parce que j’ai peur de me retrouver à cinq contre un lors de la prochaine réunion du Gahelig…

Morceterre est un univers plutôt original et qui, en plus, invite les créateurs à y contribuer, d’abord par une mise à disposition sous licence Creative Commons, mais également par un concours de création doté d’un prix pas négligeable, ouvert jusqu’à fin juillet.

Et mon petit doigt me dit qu’un recueil de nouvelles est annoncé pour cet automne 2026.

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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